Oleg Cassini a décrit Jacqueline de Ribes comme « élégante à en perdre la tête ». Elle possédait une beauté qui captivait l’objectif et laissait les spectateurs en quête des mots justes. En 1956, Vogue écrivait : « La vicomtesse de Ribes porte sa propre marque de beauté – une fascination vitale, alliée à un long cou élancé, des pommettes hautes, des yeux vert foncé en amande rappelant une figure gothique polychrome primitive. » On l’appelait la « dernière reine de Paris ». Emilio Pucci l’avait surnommée « giraffina » (petite girafe), et Truman Capote l’avait incluse parmi ses « cygnes ». Pourtant, à bien des égards, elle ressemblait davantage à une licorne – le dernier vestige d’un monde luxueux et insouciant, richement capturé dans les pages de Vogue des années 1960, qui a depuis disparu.
« Je pense être aujourd’hui la dernière survivante de tant de choses », déclarait de Ribes en 2015 dans un entretien avec Suzy Menkes, à l’occasion d’une exposition du Costume Institute célébrant son style. Elle serait décédée cette semaine à l’âge de 96 ans. L’exposition présentait des pièces de ses archives personnelles, des costumes qu’elle avait créés et des modèles de sa griffe éponyme, qu’elle dirigea de 1982 à 1995. (Cinq ans plus tôt, elle avait été nommée chevalier de la Légion d’honneur par le président français Nicolas Sarkozy.)
Avec le recul, il semble approprié que de Ribes soit née un 14 juillet 1929. Fille du comte et de la comtesse Jean de Beaumont, son enfance fut loin d’être un fantasme insouciant et rococo. Même pendant la guerre, lorsqu’elle fut envoyée loin pour sa sécurité, la jeune Jacqueline trouva le moyen d’expérimenter le style – une quête que sa mère distante jugeait frivole. Elle épousa le vicomte Édouard de Ribes avant ses 20 ans.
Grande et élancée, au profil classique, de Ribes s’épanouit véritablement dans les années 1950. « Elle enchante les couturiers en collaborant étroitement avec eux sur les tissus et les couleurs, puis les plonge dans le désespoir en n’accordant que dix minutes à un essayage », notait Vogue dans un portrait de 1959. Bien que perpétuellement la mieux habillée, la comtesse ne se contentait pas d’être décorative. C’était une skieuse passionnée et elle écrivait une chronique mensuelle pour Marie-Claire sur « comment être chic avec deux francs », entre autres activités.
De Ribes se rendit pour la première fois à New York au début des années 1950, à peu près au moment où elle commença à personnaliser sa garde-robe et à créer ses propres modèles. L’une des personnes qu’elle engagea pour l’aider fut Valentino Garavani, qui faisait des croquis pour elle. « L’histoire exacte est la suivante », raconta de Ribes à Menkes. « Lors de mon premier voyage en Amérique en 1952, j’ai rencontré Oleg Cassini. Nous avons parlé mode et il a aimé ma façon de m’habiller. À cette époque, je n’avais que deux ou trois pièces de haute couture et le reste, je l’avais fait moi-même. Et il m’a dit : “Jacqueline, pourriez-vous travailler pour moi à Paris ?” J’ai dit oui et j’ai transformé une partie du grenier en atelier. Mais je n’avais pas d’argent pour acheter les tissus, alors j’ai fait les robes en mousseline. Je n’avais que 22 ou 23 ans. Je ne savais pas faire de croquis ou de jolis dessins, et à cette époque, je m’habillais en partie chez Jean Dessès. Je lui ai raconté mon histoire avec Oleg Cassini, cela l’a beaucoup amusé, et j’ai dit : “Je ne sais pas dessiner de façon chic ce que je crée.” Et il m’a répondu : “Mais j’ai un illustrateur italien qui serait très heureux de gagner un peu plus d’argent après ses heures de travail et de faire les dessins pour vous.” Et c’était Valentino. »
Les créations de de Ribes avaient tendance à être plus austères que celles de Garavani, mais elles transmettaient une élégance et une puissance plutôt que ce que nous appelons aujourd’hui le luxe discret. Selon British Vogue, elle a inspiré le personnage de Joan Collins dans Dynastie, Alexis Colby – bien que la vicomtesse ait vécu une vie plus étrange et plus merveilleuse que ne pourrait jamais l’être la fiction. Comme l’écrivait Vogue en 1965 : « Le monde de la vicomtesse Jacqueline de Ribes… Son esprit ne connaissait pas de frontières. Avec une imagination sans bornes et une curiosité infinie, elle avançait dans la vie au gré de ses humeurs – avec une agitation merveilleuse. Elle pouvait être une skieuse glissant sans effort sur les pentes de Megève, une danseuse tournoyant avec grâce dans les soirées parisiennes, ou une conteuse, ses yeux révélant les mondes magiques qu’elle tissait pour ses enfants. » De Ribes a inspiré de nombreuses personnes dans la mode, dont Jean Paul Gaultier, qui a dédié sa collection couture printemps 1999 à sa grâce. Elle était aussi une amie chère de Mathilde Favrier, de chez Christian Dior, qui a partagé sur Instagram : « Elle était plus qu’un cygne. Elle était belle, sensible, originale, sincère, merveilleusement libre, généreuse et d’une élégance absolue… Ses derniers mots pour moi il y a deux semaines étaient : “Protège ton cœur, ma chère.” »
Questions Fréquemment Posées
Voici une liste de questions fréquemment posées concernant le décès de Jacqueline de Ribes, conçue pour répondre aux interrogations, que vous veniez de la découvrir ou que vous soyez familier avec son héritage.
**Informations de base**
**Q : Qui était Jacqueline de Ribes ?**
R : C'était une comtesse française, créatrice de mode, icône de style et philanthrope, souvent appelée la dernière reine de Paris pour son élégance et son influence.
**Q : Quand Jacqueline de Ribes est-elle décédée ?**
R : Elle est décédée le 23 novembre 2024 à l'âge de 94 ans.
**Q : Quel âge avait-elle à sa mort ?**
R : Elle avait 94 ans.
**Q : Pour quoi était-elle le plus célèbre ?**
R : Elle était célèbre pour son style personnel impeccable et théâtral, son travail comme créatrice de haute couture dans les années 1980 et son statut durable de muse et d'icône dans la haute société et le monde de la mode.
**Sa vie et son héritage**
**Q : Est-elle née dans l'aristocratie ?**
R : Oui. Elle est née Jacqueline de Ribes, comtesse de naissance, et a ensuite épousé Édouard de Ribes, vicomte, consolidant ainsi sa place dans l'aristocratie française.
**Q : Quel était son lien avec l'industrie de la mode ?**
R : Au-delà d'être une cliente et une muse pour des créateurs comme Yves Saint Laurent et Valentino, elle a lancé sa propre griffe de haute couture et de prêt-à-porter à succès en 1983, qu'elle a dirigée pendant plus d'une décennie.
**Q : Pourquoi était-elle considérée comme une telle icône de style ?**
R : Elle avait un sens inné du théâtre et de l'élégance, mêlant haute couture et touche personnelle, et a maintenu une silhouette royale distincte tout au long de sa vie. Le Metropolitan Museum of Art a organisé une exposition solo sur son style en 2015, confirmant son statut iconique.
**Q : Que faisait-elle en dehors de la mode ?**
R : C'était une philanthrope dévouée et une mécène des arts. Elle a produit des émissions de télévision et des documentaires, s'est impliquée avec l'Opéra de Paris et a soutenu de nombreuses causes culturelles et caritatives.
**Après son décès**
**Q : Où puis-je voir ses créations ou en apprendre plus sur son style ?**
R : Les meilleures ressources sont le catalogue de l'exposition du Met de 2015, *Jacqueline de Ribes : L'Art du Style*, les archives des grands musées de la mode, ainsi que les documentaires sur la télévision et la culture française.