Cette semaine, l’actrice Aimee Lou Wood rejoint *The Run-Through* pour parler de *The White Lotus*. À la veille du final de la saison ce dimanche, la rédactrice mode et culture Hannah Jackson s’entretient avec Chloe pour répondre aux questions brûlantes des fans : pourquoi son personnage, Chelsea, reste avec l’insaisissable Rick (Walton Goggins), comment ça a été de tourner si longtemps en Thaïlande, et à qui elle s’est le plus attachée parmi les acteurs.
Voici les moments forts de leur conversation—puis plongez dans l’épisode complet, où Wood évoque aussi le soutien-gorge en noix de coco instantanément culte de Chelsea et la rumeur selon laquelle elle pourrait incarner Pattie Boyd dans le futur biopic des Beatles en quatre parties de Sam Mendes. Ça pourrait être intéressant…
**Chloe Malle :** Aimee, on est ravis de t’avoir ici parce que, honnêtement, la fièvre *White Lotus* est à son comble—ça sonne comme une MST, mais ça semble approprié. C’est rare aujourd’hui d’avoir une expérience de visionnage partagée où tout le monde regarde en même temps, avec tout ce qui est en streaming.
**Aimee Lou Wood :** Tu sais quoi ? J’adore ça. Ce format est tellement mieux. J’avais vu jusqu’à l’épisode six, mais pas sept ou huit, donc maintenant je regarde avec tout le monde. C’est spécial—et bien moins stressant que le modèle du binge. Toutes les autres séries que j’ai faites sortent d’un coup, donc les gens sont à différents points de l’histoire. En tant que Verseau, j’aime faire partie du collectif.
**Malle :** Ça a été marrant au bureau aussi. On a demandé à nos collègues qui selon eux se fait tuer, et la plupart des gens que j’ai interrogés suspectent Chelsea.
**Wood :** Les théories vont bon train. Je meurs d’envie que ça passe enfin. J’ai eu les scripts à 29 ans, et maintenant j’en ai 31—j’ai gardé ces secrets pendant une éternité. J’ai hâte que dimanche arrive pour enfin m’en libérer.
**Hannah Jackson :** Ton personnage a des expressions faciales géniales. Tu as un poker face dans la vraie vie ?
**Wood :** Un peu, forcément. Hier, j’ai croisé des femmes dans un ascenseur qui font du Botox, et elles ont remarqué que je n’en avais pas parce que mon visage est très expressif—surtout mes sourcils.
**Malle :** C’est un vrai sujet pour les acteurs. Chloe Fineman de *SNL*—qui fait cette fameuse imitation de Melania Trump—a fait du Botox uniquement sur le menton pour garder son front mobile, mais c’est devenu asymétrique, et elle n’a plus pu faire l’imitation.
**Wood :** Je suis anti-Botox pour moi parce que mon travail repose sur les expressions. Mon visage *doit* bouger—même si parfois il bouge *trop*. Je revois des scènes et je me dis : *Putain, j’ai vraiment fait cette tête ?* Certains acteurs jouent la retenue, le côté cool et murmuré, mais je ne pense pas que je jouerai un jour un personnage impassible. Je n’y arriverais pas.
**Malle :** Tu joues au poker ?
**Wood :** Non, mais j’aimerais. Ça a l’air trop cool. La meilleure amie de Leslie Bibb—une des femmes les plus cool que j’ai rencontrées—organisait des parties de poker entre femmes à NYC. Il faudrait une série là-dessus.
**Malle :** Parle-nous du tournage. Ça ressemblait à des vacances en groupe, ou vous vous retrouviez après les prises ?
**Wood :** Je pense que tout le monde s’attendait à plus de vacances, mais on travaillait beaucoup—et on vivait sur le plateau, ce qui était inhabituel. C’était comme *The Truman Show*. Moins des vacances, plus une famille dysfonctionnelle et glorieuse. On comptait vraiment les uns sur les autres.
**Malle :** Les gens ont amené leurs familles ou partenaires ?
**Wood :** Oui, et ça a beaucoup aidé. Quand Pete—le mari de Michelle Monaghan—est arrivé avec… Leurs enfants sont restés longtemps, c’était super parce qu’ils ont ramené le monde extérieur parmi nous. Et Sam [Rockwell]—c’était génial quand il est arrivé. Leslie [Bibb] et moi sommes très proches—on parle encore tous les jours. On était tout le temps ensemble. Elle est Soleil Scorpion, je suis Lune Scorpion, donc on est profondément connectées. Mais quand Sam est arrivé, elle est devenue encore plus elle-même. C’était comme si j’avais une version supplémentaire de Leslie, parce qu’ils forment le meilleur couple.
**Jackson :** Tu peux parler des défis de cet environnement et comment vous vous souteniez ?
**Wood :** Vivre dans un bel hôtel a ses avantages, mais ça devient ton monde entier. La plupart des endroits où on logeait n’étaient fréquentés que par l’équipe—on ne voyait qu’eux. Tu ne peux pas cuisiner, et une partie de ton estime de soi vient des tâches quotidiennes comme la lessive, plier du linge, faire à manger ou aller au magasin. C’est ce qui te rend humain.
Sur le plateau, tout le monde sait déjà tout de toi, mais d’habitude, tu peux décompresser chez toi après. Là, non. Tout le monde savait dans quelle villa on était—on avait l’impression d’être surveillés en permanence, comme dans une téléréalité. Ça commençait à devenir un peu fou.
**Malle :** Il y avait des adeptes de la méthode qui rendaient la détente difficile ?
**Wood :** On est tous devenus *méthode* sans le vouloir. Ce n’était pas intentionnel—juste qu’on ne pouvait pas y échapper. Certains soirs à table, les gens citaient des répliques de la série sans s’en rendre compte.
Je pense que j’ai glissé dedans aussi. Mia, ma coiffeuse, m’a dit à mi-tournage : *”Chérie, il faut que tu rentres chez toi parce que je ne sais pas si je parle à Chelsea ou à Aimee.”* Et moi : *”Je ne sais même plus qui je suis.”* Il y avait beaucoup de miroirs personnels avec [Walton]. Nos vies ne sont pas celles de nos personnages, mais leur essence correspondait—sauf Patrick [Schwarzenegger]. Il n’a rien à voir avec Saxon.
**Malle :** Un des traits les plus attachants de Chelsea est son pardon infini. Penses-tu que sa capacité à pardonner Rick est une force ou une faiblesse ?
**Wood :** Question intéressante, j’y ai beaucoup réfléchi. Elle m’a appris où je pourrais trébucher dans la vie. Il y avait des moments où je réagissais naturellement comme Chelsea. Elle croit obstinément au destin—que tout est prédéterminé. Si ça peut sembler magique, c’est aussi déresponsabilisant, car elle pense n’avoir aucun choix, aucun libre arbitre. C’est pour ça qu’elle et Rick se ressemblent.
Les gens disent : *”Regarde comme elle est altruiste,”* mais en vrai, elle esquive. Elle dit toujours : *”Rick est si mystérieux, tu es si secret,”* mais on ne sait rien *d’elle*. Elle se concentre sur lui pour éviter d’être vue. Beaucoup de personnes anxieuses-attachées sont attirées par des partenaires évitants pour ne pas être totalement connues. L’intimité, c’est *”into me, see”* (en moi, vois), mais elle est avec quelqu’un qui ne peut pas la voir—et d’une certaine façon, ça lui convient. Ce qui est intéressant avec Saxon et Chelsea, c’est qu’il aime être vu par elle, même quand c’est brutal.
**Malle :** Une de mes scènes préférées est quand Chelsea repousse les avances de Saxon avec une pile de livres de méditation. Un des meilleurs *”non, merci”* jamais donnés par une jeune femme. Comment ça a été de tourner ça ?
**Wood :** C’était ma toute dernière scène—la dernière que j’ai filmée. Ma première scène était avec Patrick, celle où on dit : *”Comment on se sert un verre ici ?”* Donc c’était émouvant de commencer et finir ensemble. Ce moment résume bien Chelsea—elle repousse les gens avec des choses qui semblent intimes, comme dire : *Non, ne me regarde pas. Regarde ces livres, ces citations, ces signes astro à la place.*
**Malle :** Tout le monde te manque maintenant ? Il y a des groupes de discussion ?
**Wood :** Plein de groupes. Je parle encore à Leslie tous les jours, à Michelle souvent—à tout le monde, en fait. On est toujours proches. C’était dur parce que je suis rentrée en Angleterre alors que la plupart étaient à New York ou L.A., donc j’ai raté des retrouvailles. J’avais une grosse FOMO, mais Patrick est super pour dire : *”On est tous là, tu nous manques.”* Même si je voulais rentrer, quitter cette famille faisait peur. En tournant cette dernière scène, je me disais : *C’est fini.* Je voulais désespérément retrouver Londres, mes amis, mon appart—mais j’avais peur de perdre ce lien et de revenir dans le monde réel.
Ça a aidé quand Michelle est venue à Londres pour le travail. On a dîné, et j’ai réalisé que je n’étais pas seule—elle ressentait la même chose, Natasha aussi. En parler a rendu les choses plus faciles. Puis, quand le premier épisode est sorti, c’est devenu *à tout le monde*, plus seulement *à nous*. Un poids en moins.
**Jackson :** Et maintenant, quoi ?
**Wood :** Je viens de finir *Daddy Issues* saison 2—une série hilarante et absurde que j’adore. Ce tournage, c’est comme la maison. J’ai aussi écrit une série, *Film Club*, qui sort cette année. Ça parle d’une fille, Evie, qui ne peut pas sortir de chez elle, alors elle organise un club de cinéma avec sa meilleure amie (dont elle est secrètement amoureuse). Très rom-com—je veux les ramener.
**Malle :** Rom-com préférée ?
**Wood :** *Broadcast News*. J’aime les rom-coms qui n’en sont pas *tout à fait*. *Quand Harry rencontre Sally* est juste après, puis *Nuits blanches à Seattle*. Holly Hunter et Meg Ryan sont des icônes—cette époque me manque. Mon rêve, c’est d’écrire un film comme *Nuits blanches*, le genre qu’on regarde un dimanche douillet.
**Jackson :** Qu’est-ce qui nourrit ta culture en ce moment ?
**Wood :** Je suis à la ramasse—en Thaïlande, je ne regardais rien, j’étais plongée dans ma propre histoire.
**Jackson :** On dit que tu es fan de *Girls* ?
**Wood :** Récemment, oui !
**Jackson :** Tu es quelle fille ?
**Wood :** Aucune n’est géniale, non ? Probablement Hannah.
**Malle :** Moi, je suis une Marnie.
**Jackson :** [Rire] C’est terrible.
**Wood :** Parfois, je me sens un peu Shosh. Je suis sûrement Soleil Hannah, Ascendant Shosh.
**Jackson :** Et ta Lune ? Je sens un peu de Jessa en toi. Juste un soupçon.
**Malle :** Chelsea, c’est Jessa.
**Jackson :** Le côté libre. Mais aussi l’énergie ancrée d’une Shoshana.
**Wood :** Merci !
**Malle :** Aimee, merci infiniment d’être là. On a hâte pour ce week-end—je sais que toi aussi.