Voici la traduction du texte en français :
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Presque tous les écrivains puisent dans leur propre vie pour trouver l’inspiration, et Yigit Turhan ne fait pas exception. Son nouveau roman captivant, *Leurs Cœurs Monstrueux*, entrelace des secrets familiaux, des manuscrits cachés, des papillons mystérieux, la quête de l’immortalité et une grand-mère fantasque — mais je n’en dirai pas plus pour éviter les spoilers. Le livre sera publié le 8 avril par Mira, une filiale de HarperCollins.
Lors d’une récente conversation, Turhan s’est souvenu d’un moment marquant de son enfance. Vers l’âge de cinq ans, alors qu’il séjournait chez ses grands-parents dans l’est de la Turquie, sa grand-mère lui a demandé s’il voulait veiller pour regarder un épisode de *Freddy’s Nightmares*, une série dérivée de *Les Griffes de la nuit*. Comme tout enfant attiré par l’interdit, il a accepté — et s’est vite retrouvé blotti contre sa glamoureuse grand-mère, Sevgi (dont le nom signifie « amour » en turc), grignotant des friandises tandis qu’ils regardaient une scène macabre où Freddy transformait les doigts de quelqu’un en hot-dogs. C’était loin de *Bluey*.
« Je me souviens encore parfaitement de cette scène », raconte Turhan en riant. « L’atmosphère chaleureuse, ma grand-mère dans sa chemise de nuit rose, mangeant du pop-corn et traitant l’horreur comme une comédie romantique. C’est un souvenir précieux parce que je n’avais pas peur — elle en a fait un moment amusant, me montrant qu’il n’y avait rien à craindre. »
*Leurs Cœurs Monstrueux* n’est cependant pas un roman d’horreur gore. Il instille plutôt une tension sourde et inquiétante, explorant à quel point nous connaissons vraiment ceux que nous aimons. L’ambiance rappelle l’angoisse rampante de *Rosemary’s Baby*, l’un des films préférés de Turhan. (C’est un passionné d’horreur, des giallos de Mario Bava et Dario Argento jusqu’à *Misery* de Stephen King.)
Situé à Milan, le roman suit Riccardo, un écrivain en difficulté qui rentre chez lui pour l’enterrement de sa grand-mère, Perihan. Le récit mêle surréalisme mystique et humour pince-sans-rire — les premières scènes de Riccardo procrastinant à Paris parleront à tous ceux qui ont déjà fixé leur ordinateur sans inspiration. Turhan parsème aussi l’histoire de références élégantes, des gants Schiaparelli des années 1930 au parfum *Fracas* en passant par la photographie érotique de l’architecte Carlo Mollino.
Mais au fond, ce roman parle d’amour et de deuil. Perihan, figure magnétique et énigmatique, reflète la propre grand-mère de Turhan, décédée il y a des années. Écrire ce livre a été pour lui une manière de surmonter son chagrin. « Elle était la personne la plus proche de moi », confie-t-il. « Vers la fin, elle souffrait de démence, mais lors de notre dernière conversation, elle s’est souvenue de mon nom et m’a promis de me rendre visite à Paris. Ce moment a prouvé que nous étions toujours connectés. Après sa mort, j’ai souhaité passer plus de temps avec elle — alors cette histoire est devenue ma façon de la garder près de moi. » Il marque une pause, puis ajoute en souriant : « Bien que ma mère ne cesse de me dire : “Arrête de dire que c’est ta grand-mère — elle n’était pas un monstre !” »
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Pourtant, elle était incontestablement un personnage flamboyant et hors du commun.
La grand-mère adorée de Turhan, Sevgi Paker (au centre, en argent), a eu une grande influence sur son roman — et sur sa vie.
*Photo : Avec l’aimable autorisation de Yigit Turhan*
Le premier roman de Yigit Turhan, *Kudak*, a été publié dans son pays natal, la Turquie, en 2015. Bien qu’il ait continué à écrire pendant la pandémie tout en travaillant comme directeur marketing, l’isolement forcé l’a poussé à se lancer dans un nouveau passe-temps — qui a trouvé sa place dans *Leurs Cœurs Monstrueux*.
« À l’époque, tout le monde faisait du pain à la banane ou suivait des cours de Pilates en ligne », raconte-t-il. « J’ai toujours été fasciné par les collections de papillons, alors j’en ai acheté sur Etsy et j’ai appris la taxidermie grâce à des tutoriels en ligne. »
Cela l’a inspiré à écrire une nouvelle pendant le COVID — un prélude à son roman — mettant en scène une première version de Riccardo et sa liaison avec Alessandra, une femme mystérieuse travaillant à l’Hôtel d’Amour à Paris. Dans une scène étrange, Alessandra découvre des papillons cachés dans les murs de la librairie Shakespeare & Company, avant de les tuer avec un briquet.
Si cette nouvelle a planté la graine de *Leurs Cœurs Monstrueux*, l’écriture est devenue une source de réconfort pour Turhan. « Surtout maintenant, avec tout ce qui se passe dans le monde », dit-il. « Rentrer chez soi après le travail et se plonger dans un univers que l’on peut contrôler — du moins en partie — est apaisant. J’adore l’horreur, mais je ne suis pas un auteur d’horreur. J’aimerais être comme Stephen King, terrifier les lecteurs, mais mes histoires dérivent toujours vers la magie. En général, personne ne meurt. »
*Leurs Cœurs Monstrueux*
27 $ BOOKSHOP
Méfiez-vous — ou pas — du magnifique papillon ! Le nouveau roman de Turhan, *Leurs Cœurs Monstrueux* (Mira), sortira le 8 avril.
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