Chaque année à cette période, je me sens obligée de participer à tout ce délire du “grand nettoyage de printemps”. *Je roule des yeux avec exaspération.* Soudain, mes réseaux sociaux sont inondés de conseils, d’astuces et de raisons sans fin pour lesquelles je devrais désencombrer mon intérieur—surtout mon dressing. (Même ici chez Vogue, on m’a gentiment poussée à “organiser mon bazar”.)
Mais voilà le problème : en tant que Gémeaux, je déteste qu’on me dise quoi faire. Et, comme par hasard, j’*aime* mon dressing chaotique et débordant—merci bien !
Appelez ça l’effet Marie Kondo, mais ces derniers temps, on ne parle plus que de vivre avec le minimum et de se débarrasser du “bagage physique” inutile. Les purges de dressing sont partout—mon ancienne collègue de Vogue, Liana Satenstein, a même monté toute une entreprise pour aider les gens à trier leurs garde-robes. Kondo, la reine du rangement, affirme que le désordre matériel est lié au désordre émotionnel—et qu’on ne devrait garder que ce qui nous “procure de la joie”. Je comprends—mais et si *tout* dans ma garde-robe me procurait de la joie ?
Quand j’ouvre les portes de mes trois dressing bondés, je ne peux m’empêcher de sourire. J’*adore* mon fouillis ! Certains y verraient un amas de vêtements en trop, mais moi, je vois des histoires et des souvenirs dans chaque pièce. Ce blazer noir entassé sur l’un de mes quatre portants ? Je l’ai porté pour rencontrer Lady Gaga. (Rien de spécial.) Ces Louboutins à semelles rouges ? Je les ai dénichés lors d’une vente d’échantillons—juste à côté de Julia Roberts, qui faisait aussi du shopping. Traitez-moi de collectionneuse compulsive, mais mes vêtements ne sont pas qu’esthétiques—ce sont des souvenirs. Certains collectionnent des albums ou des magnets de frigo ; moi, je collectionne des fringues. Faites-moi un procès.
Et attention, je ne suis pas un monstre total. Je *crois* en ne garder que ce dont on a vraiment besoin. Si quelque chose est abîmé ou ne va plus, bien sûr, il est temps de s’en séparer. Mais je ne suis pas pour jeter des choses juste parce qu’elles sont “démodées”. Trop souvent, je me suis débarrassée d’articles “passés de mode”, pour les voir revenir un an plus tard. Et puis, on devrait porter ce qu’on aime—peu importe si ce n’est pas tendance ou signé par le dernier designer en vogue.
Désolée, les adeptes du grand nettoyage de printemps, mais cette année, je ne viderai pas mon dressing—peu importe vos tentatives de me faire culpabiliser. Je refuse de me séparer de mes petits trésors sous prétexte que j’en ai beaucoup. Mes montagnes de souvenirs vestimentaires ont une valeur à mes yeux. Je préfère mille fois mon désordre bien-aimé à un dressing vide et stérile.